Partager l'article ! Pondichéry - un peu d'histoire: Avant de vous faire part de notre périple, je vous propose un petite page culturelle sur l'Histoire de Pond ...
Le monde est un livre, et ceux qui ne voyagent pas n'en lisent qu'une page
(Saint Augustin)
Avant de vous faire part de notre périple, je vous propose un petite page culturelle sur l'Histoire de Pondichery, ce village d'irréductibles français qui a longtemps résisté face à l'envahisseur britannique, avant de se rendre à son propriétaire indien.
Pondichery... Voilà un nom qui en a fait rêver plus d'un ! Des riches marchands de la Compagnie Royale des Indes Orientales du XVIIème aux français actuels qui se verraient bien sirotant un chaï sur la terrasse de leur maison coloniale à l'ombre d'un cocotier, en passant évidemment par la Perfide Albion qui n'a eu de cesse d'essayer de nous piquer ce petit territoire depuis que les empereurs Moghols nous l'ont vendu, bref, depuis plusieurs siècles, tout le monde s'imagine assez bien à vivre là-bas. Et moi aussi maintenant !
L'histoire de Pondichery,
ou Puduchery maintenant, n'est
pas de tout repos: en effet, avant de devenir un territoire français, beaucoup de monde a essayé de mettre la main dessus ! Il faut dire que la destination avait quelques atouts:
sur le littoral
, porte d'entrée sur le continent indien, etc. Ce sont les Romains qui ont été les premiers à lui trouver tous ces avantages et à établir de fortes relations commerciales. Pondi a ensuite appartenu à plusieurs empires jusqu'à
l'arrivée des musulmans qui instaurèrent les dynasties Mogholes, du XIIIe au XVIIe. Les Danois s'y sont implantés quelques temps aussi
au cours du XVIIe lorsque les empereurs ont voulu développer le commerce avec l'Europe. La France, à ce moment-là, avait installé un comptoir à San Tome, un peu plus loin. Malheureusement, les
hollandais ont investit la place en emprisonnant tout le monde au passage. Bellanger de
l'Espinay a réussi à s'échapper et est allé négocier avec le sultan de Bajipur l'achat de Poudou Cheri, devenu par la suite Pondichéry. C'est François Martin, nommé Premier
Gouverneur de Pondichéry, et à sa suite Dumas (qui a même réussi à obtenir un titre de Nabab, le mettant ainsi au même rang que les seigneurs indiens), qui se sont chargés de développer et de faire fructifier le commerce avec la France, en installant notamment les comptoirs de Mazulipatam
(Andra-Pradesh) en 1686, de Chandernagor (Bengale) en 1687 puis de Calicut (Kerala) en 1701. Les comptoirs ont été prospères jusqu'au milieu du XVIIIe, Dupleix étant même parvenu à établir une entente diplomatique
avec les Grands d'Inde et à établir de concessions françaises dans les environs. Evidemment, cela n'a pas plu aux anglais, qui en 1751 ont décidé de nous barrer la route. Le Roi ne comprenant pas
très bien pourquoi on passait notre temps à se battre avec eux en Inde, alors qu'on y était que pour faire du commerce (et pas des conquêtes), a destitué Dupleix de ses fonctions. La Perfide Albion en ont ensuite profité pour prendre du terrain petit à petit, car le successeur de Dupleix n'était pas du genre belliqueux et a signé une
sorte de paix avec les anglais qui engageait la France et l'Angleterre à se tenir tranquille en Inde. Au bout du compte, la France a tout rendu... aux Anglais qui ont tout pris. En 1761,
c'est le pompon !
Les britishs ont assiégé Pondichéry, qui a capitulé après plusieurs, et ils
ont rasé la ville ! Finalement, début XIXe, après le traité de Paris, il ne restait plus à la France que 5 comptoirs, dont Pondichery, où la France est restée de 1816 -date à laquelle les anglais
nous l'ont "rendu"- jusqu'en 1954 -date à laquelle le gouvernement Mendès-France a accordé la restitution des comptoirs à l'Inde
au moment de son indépendance, soit quand même 138 ans de présence française, ce qui laisse des traces !
Voilà, avec cette petite page de culture, vous comprendrez mieux pourquoi à Pondichéry les panneaux des rues sont encore en
Français (sous-titrés en Hindi), pourquoi les gamins qui veulent vous vendre un bidule dans la rue vous disent "Trente roupies, Madame !", et pourquoi enfin dans les annales du bac vous avez
trouvé "Pondichery - 1999" (ou 1977, selon votre âge ) quand vous étiez jeunes
.
ps: nos péripéties suivent dans un autre article